- Émile on 11.01.21
[Les citations qui forment ce texte ne sont fournies qu’en anglais.]
“All manifestations before my eyes are also delusions devoid of substance. They are merely shadows within the mind.”
“Devils come? Just cut them off like a snarl of tangled silk threads.”
“Whenever any thought arises, you should try and find its source; never let it go easily or be cheated by it.”
“When I was seven years old, my mother sent me to school. At that time, I had an uncle who loved me very much. One day, just before I arrived homme from school, he died. When I saw him lying so still on the bed, my mother tried to deceive me about his death, saying ‘Your uncle is asleep. You might wake him up.’ Whereupon I called to my uncle a few times, but he did not answer me. At this my aunt, greatly grief-stricken, cried out to him, ‘Oh my Heaven! Where have you gone?’ Very puzzled, I said to my mother, ‘My uncle’s body lies right here. Why does my aunt say he has gone away?” Then my mother said, ‘Your uncle is dead’. ‘If one dies, where does one then go?’ I asked her, and from that moment this question was deeply impressed on my mind.”
“The gleaming to renounce this world arose continuously within me.”
“Not long after his death the room in which he had lived for thirty years was destroyed by fire, as if to give an omen to his followers.”
“Oh look! The Man of Old Days still exist!”
“Rivers flow all day, but nothing flows.”
“’Your manners seem rather like that of a lunatic. What is the reason for this?’ Master Fa Kuang replied, ‘This is my zen-sickness. When the ‘Wu’ experience came for the first time, automatically and instantaneously poems and stanzas poured from my mouth, like a gushing river flowing day and night without ceasing. I could not stop and since then I have had this zen-sickness.’”
“No trace of men or gods remains.”
“I felt both my mind and body sink quietly down like a house whose four walls had fallen.”
“Time does not wait for people.”
“Nothing in the world can be used as a smile to describe it.”
“My bowels moved a hundred times a day and brought me to the brink of death.”
“All things are reducible to one, but what is the one reducible to?”
“Oh it is you, the fellow
I have known all the time,
Who goes and returns,
In the thirty thousand days of one…
Hundred years!”
“Where in dreamless sleep is the Master?”
“Who is the very Master of this awakening and where does he rest his body and lead his life?”
“To understand the wonderfully cold, sweet and palatable, but not bitter, taste of ice cream is not to have actually experienced that taste.”
“It seems unthinkable to us that the mind can function without having an object to think about.”
“’Wu’ is the direct experience of beholding, unfolding, or realizing the Mind-essence in its fullness.”
“If you return your bones to your father and your flesh to your mother, where would ‘you’ then be?”
“Cultivation of self awareness or pure consciousness will this eventually annihilate all dualistic thoughts and bring one to Buddhahood.”
“Two monks were arguing whether it was the wind or the flag that was moving. For a long time, they could not settle the problem. Then Hui Neg arose […] and said: ‘It is neither the wind, nor the flag, but the mind that moves’.”
“When the bright sun arises. Embroideries cover the whole earth. The hanging hairs of the infant are as white as snow. The order of the king is sanctioned in the whole nation, while the general is isolated from the smoke and dust. Far away, beyond the borderland.”
“While no message is forthcoming from Ping and Fang, one stays alone in the whole area. While the Emperor ascends his royal nest, the songs the old folks sing are heard from the field.”
“The weeds have not yet been cleared.”
“In the lump of red flesh there is a True Man of No Position. He constantly goes in and comes out by the gate of your face. Those who have not seen him should try and do so.”
“The All-Merciful One has a thousand arms and a thousand eyes. Which is the main eye?”
“A mountain is a mountain, water is water, when hungry I eat, when drowsy I sleep; I do not search for the Buddha or look for Dharma, yet I always make my obedience to the Buddha.”
“Focusing the attention on any part within the body will produce extraordinary and sometimes astonishing results.”
[Extraits inspirés de "The Way of Zen"]
- Émile on 02.01.21
- Émile on 04.12.20
Récemment, j’ai créé un projet, ou plus exactement, j’ai été en mesure de terminer un processus créatif de longue durée, qui m’a permis de mettre dans le monde I Homunculi. J’avais travaillé on-and-off sur cette idée durant les deux dernières années. I Homunculi est un scroll-film interactif aléatoire, où le spectateur contrôle la direction et la vitesse du flux d’images en mouvement avec sa souris ou par des gestes si son appareil utilise un écran tactile. L’œuvre est disponible gratuitement directement sur mon site, dans la section « l’Expérimental ».
Cependant, aujourd’hui, c’est la genèse du contenu du film que je souhaite approfondir. Je pense que cela clarifiera ce que j’ai et n’ai pas « fait » dans ce projet.
Pour créer les images, j’ai consulté une archive vidéo en ligne vers la fin de mon baccalauréat en production cinématographique/études cinématographiques à la Mel Hoppenheim (2017/18). J’ai recueilli des échantillons d’images autour de certains thèmes. Bien sûr, il y avait toujours un degré de chance et d’aléa au processus. Bref, je me suis retrouvé avec une drôle de série de vidéos : de nature assez diverse (agriculture, santé éducative, médecine, vieux films d’horreur, expériences étranges - y compris la résurrection d’animaux décapités, et ainsi de suite...)
Dans un programme Construct 3, j’ai généré une sorte d’animation technique. Elle était composée de points colorés qui remplissaient infiniment l’espace de l’écran. Une couleur aléatoire était choisie pour chaque point et apparaissait à une position aléatoire de l’écran.
Parallèlement à cela, j’avais découvert le domaine du « deep dreaming » et j’étais devenu intéressé à l’idée d’appliquer ce processus sur des images en mouvement. D’ailleurs, j’avais utiliser ce procédé sur quelques images de mon film Where to Forage ?
Deep dream image-generation est un processus AI qui consiste à ce qu’un réseau neural, « jette un œil » à une image X, et essaye, selon un ensemble limité d’« itérations » et de « rêves dans des rêves » encore plus transformatifs, de reconnaître certaines images ciblées dans l’image source. De voir une certaine chose dans une autre.
Ce qui d’autant plus intéressant, c’est que « reconnaître », pour ce réseau, signifie produire une image résultante.

Comme le réseau s’appuie sur un lot d’images JPEG spécifiques, j’ai cru intéressant de faire passer l’animation du bruit de couleur aléatoire créée dans Construct 3 à travers un réseau neural de ce type. À l’époque, j’avais un vieux Mac PowerPC sur lequel je détenais un programme appelé DeepDreamer, et j’arrivais à faire du deep dreaming (quoi que de façon limitée). En utilisant l’animation de bruit de couleur aléatoire à travers le réseau neural, je fus amené à la création inhabituelle de ce que j’ai appelé le « mur étrange ».
Ce mur étrange n’était qu’un de tous les résultats du deep dream sur l’animation de bruit de couleur aléatoire. Le résultat a été un maillage inhabituel qui ressemblait pour moi au fond d’un vieux bassin préhistorique, recouvert de coquillages -- encore plus après que je l’eu décomposé en trois séquences monochromes (rouge, vert, bleu). Le mur étrange était cette vidéo presque totalement statique couverte par cette texture techno-biologique.





Maintenant, revenons aux images d’archives dont je parlais précédemment. Elles ont aussi une importance dans ce processus. Ce que j’ai fait à ce stade fut une simple superposition du mur étrange sur un montage de ces images d’archives. Bien que je n’aie pas conservé les images d’archives, elles transpirent encore à travers les images du montage superposition et toutes les étapes du reste du processus créatif (illustré par la suite). À ce stade, l’étape suivante du processus m’a ramenée à la même idée d’alimenter le montage superposition à son tour dans un réseau neural. Cependant, un nouveau problème s’est posé. La longueur de ce montage était beaucoup plus conséquente que celle de l’animation de bruit de couleur aléatoire qui avait été introduite dans le réseau plus tôt, afin de créer cette animation que j’avais qualifié de mur étrange. À ce stade, j’ai découvert que DeepDreamer était inutile contre une si longue vidéo.
En effet, j’ai tenté d’utiliser le logiciel sur un Mac plus récent, celui de mon père. Je lui envoyais les segments vidéo à convertir. Or, les images étaient ternes et longues à générer.
J’ai essayé d’utiliser une variété de logiciels pour décomposer la vidéo en une séquence de milliers de JPEG. Il me semblait plus réaliste de faire moi-même travailler ce réseau neuronal sur des frames individuelles. Toutefois, je n’ai rencontré que l’échec.
À ce stade, j’ai cessé de travailler sur cette expérience. J’ai décidé d’essayer quelque chose de différent. Dans l’obscurité, j’ai rephotographié le montage superposition avec mon bon vieil Olympus OM-D EM-5, en m’appuyant sur la fonction d’obturation lente de la caméra. Fait intéressant, j’ai inondé une table où mon écran d’ordinateur se tenait avec du café ! Ce bureau humide reflétait partiellement l’image de l’écran pendant l’enregistrement. Pendant un certain temps, j’ai pensé que les images qui en résultaient étaient la fin finale de ce projet. J’ai fait un film appelé Intermittence en utilisant les images, et je l’ai fait circuler partiellement, mais en vérité, il n’a pas été à la hauteur des intentions initiales. Alors qu’il était en lui-même une pièce intéressante, mon avenir me conduirait une fois de plus à travailler avec les matériaux étranges à partir duquel il a été formé…




Un an ou deux se sont écoulés quand je suis retourné au montage superposition. Je pense que j’ai peut-être fait d’autres tentatives de deep dream sur le matériel entre cette époque et la tentative initiale, mais je n’en ai presque aucun souvenir. S’étaient certainement d’autres échecs.
Mais ces derniers temps, j’avais finalement appris à travailler sur Ubuntu, qui est un système d’exploitation (OS) comme MacOS ou Windows, à la différence qu’il s’agit d’un OS beaucoup plus flexible. De plus, sur Ubuntu j’avais commencé à employer le terminal UNIX bien qu’avec un minimum d’efficacité. Cela consistait à travailler « à l’ancienne », presque sans utiliser la souris. Si on voulait se déplacer dans le système, on tapait une commande et un chemin dans le terminal. Pour copier ou supprimer un fichier, pareil. Et ainsi, tout pouvait être fait avec ce « command line ». Oui, j’étais en mesure d’accomplir presque n’importe quoi, mais il fallait parfois jusqu’à quelques jours de recherche.
Un peu plus tard, j’ai aussi obtenu un nouvel ordinateur avec une nouvelle carte graphique, sur lequel j’ai aussi mis une nouvelle installation Ubuntu. J’ai pu installer nVidia CUDA, ce qui m’a permis de réaliser le deep dream directement dans le terminal.


Cela fut heureusement facilité, car j’ai trouvé une bibliothèque intéressante en Python appelée Keras qui a été en mesure de me fournir les éléments nécessaires pour faire fonctionner le tout. Équipé de cet ordinateur spécifique et de cet OS spécifique, je pouvais exécuter des deep dream rapidement sur un seul frame de la séquence du montage superposition. Le montage superposition faisait cependant presque 19 000 frames. Même si je traitais chacune des images manuellement en 30 secondes, au final, cela me prendrait beaucoup, beaucoup de temps faire un deep dream du film au complet.

Au moins, j’étais encouragé, car c’était techniquement faisable cette fois, contrairement à avant, où DeepDreamer s’acharnait sur un simple petit lot d’images.
Finalement, la solution me vient d’un flash, encore plus rapidement qu’espéré. C’était après avoir réfléchi à ce problème pendant quelques instants que j’avais réalisé subitement que je pouvais simplement boucler l’instruction de la ligne de commande Keras dans le terminal ! En quelques mots-clefs tapés sur Google je fus capable du trouver un example de ce genre de loop, et je le mis en combinaison avec Keras. Avec le processus maintenant automatisé, je pouvais faire fonctionner Keras durant toute la nuit. Il a fallu environ 13 nuits pour convertir tous les frames du « montage superposition » ! Incroyable quand même !




Quand j’ai recompilé le cadre. Les images en mouvement que j’ai obtenu ont reçu une transformation finale : elles ont été transformées en noir et blanc, puis contrastées.
Ce sont les images utilisées dans l’œuvre finale I Homunculi.


J’espère que vous avez apprécié le résumé de ce voyage créatif inhabituel. Je vais écrire un autre post sur I Homunculi dans un proche avenir. Pour l’instant, je pense que celui-ci a fait sa longueur.
- Émile on 02.12.20
Lentement, je suis revenu de la torpeur. J'ai recommencé à bouger quelques affaires, après une longue période d'inactivité. Je bouge des boîtes invisibles, dans cet endroit imaginaire. Qu'est-ce que ce soudain impetus ?! Ce changement soudain de l'inertie au mouvement ? Je ne suis pas certain. Ce n'est pour le moment, qu'un mouvement doux et presque imperceptible... J'ai une grosse migraine aujourd'hui, les diables mettent tout en oeuvre pour m'arrêter.
Je me dis, qu'écrire mes pensées ici, ça va m'aider à garder un chemin plus droit, tout au long de cette traversée vers l'avenir. Il me faut un changement ; un changement, au moins un changement partiel à mes occupations et ma perspective. Oui, c'est ce dont j'ai besoin. Ça, plutôt qu'un quelconque changement de l'ordre physique. Comme Gil Scott Heron le dit si bien dans ce clip que j'ajoute en dessous de ce post. Une nouvelle façon de voir les choses, qui me fait me sentir comme si je rallumais un grand feu.
En vérité, la pandémie m'a forcée dans de sombres retranchements. Mon équilibre est fragile. Je suis exaspéré envers rien du tout, en colère contre moi-même. Je suis sûr que je ne suis pas le seul dans cette situation. La mise sur arrêt de la majorité des affaires humaines a simplement affaibli une maison déjà sur le point de s'effondrer. Je suis souvent à bout de souffle, et là j'ai carrément glissé en dehors du monde. Avec un sentiment d'avoir rompu toute connexion avec les autres. Mais... Et si... Si je peux m'accrocher à cette petite idée. Celle de ce site comme moyen d'expression de la plus pure intention.
Je pense fortement que les choses ne peuvent plus continuer ainsi. J'ai décidé de réorienter mon esprit. De m'appliquer sur des choses qui comptent véritablement pour moi, plutôt que d'avoir un sens des priorités erroné. Une part de ce renouvellement consiste à recommencer à travailler sur des projets. Réenfiler les vieux manteaux qu'on avait laissés dans le placard.
Donc, oui, j'ai recommencé à travailler sur le site web.
J'ai programmé le blogue, sur lequel vous lisez ces lignes. J'ai aussi ajouté et redéfini les sections du site, et je vais rajouter du contenu dans ces dernières dans les prochaines semaines, puis au fil du temps je rajouterai d'autres éléments au site.
Il y a des choses que je dois tenter d'écrire, pour lesquelles je n'ai pas encore les mots pour décrire, et il n'y a pas beaucoup de temps dans toute une vie, alors autant commencer dès maintenant. En temps venu, et à force de pratique, je trouverai bien la manière de formuler l'ensemble de mes idées.
Pour l'instant, voici 3 choses importantes à retenir si vous décidez de lire la suite:
I. Ce site se veut être une sorte de «livre vivant», pas une promotion artistique
II. Je vais essayer de cristalliser ici le portrait le plus précis de mon art et de ma pensée
III. Je vais m'exprimer selon mon propre langage et ma philosophie naturelle, et je tenterai d'exprimer ma pensée aussi clairement, et enraciné dans des images accessibles, que possible.
Maintenant que j'ai expliqué cela, j'espère que vous saurez apprécier l'évolution de cet espace. Il n'y a vraiment rien de plus Réel que l'amalgame de nos vies à tout et chacun. La Réalité est formée par les actions. Alors, quoi qu'il advienne, mon ami, exerce cette sagesse qui mène à l'accomplissement d'actions. Ainsi, et ainsi seulement, nous pouvons continuer d'avancer.
![[Image: My signature «Emile»]](../../media/img/Signature_Ef_white.png)
- Émile on 02.12.20
Hello world!